Comment les Interfaces Cerveau-Machine peuvent-elles permettre à des personnes invalides de retrouver une certaine mobilité?
Les limites sociétales et éthiques qui peuvent s’opposer à cette avancée
En plus des réglementations scientifiques et des limites imposées par le corps humain, une réflexion de la société peut se développer.
Tout d’abord, un questionnement important est la sélection des patients pouvant bénéficier de ces interfaces. Dans le cadre d’une intervention médicale, qui sera en charge de la sélection des patients et sur quels critères se basera-t-il? Les critères retenus seront-il purement médicaux ou se baseront-ils également sur la situation financière des individus? Aussi, l'intervention et le suivi seront-ils pris en charge par l'hôpital public ou par un organisme privé? Le remboursement par la Sécurité Sociale ou par la mutuelle sera également sujet à débat.
Les interfaces cerveau-machine pouvant améliorer les capacités humaines et une sélection des patients ayant lieu, une discrimination peut apparaître entre les personnes bénéficiant de ces systèmes et les personnes ne pouvant en bénéficier. Ces dernières pourraient se sentir lésées.
Avec un coût du matériel élevé et un accès à la technologie relativement difficile, seules les personnes aisées pourraient se payer un tel traitement. Il convient ainsi de s’interroger quant à l’égalité de traitement pour tous les malades nécessitant cette aide.
Une dérive pouvant survenir dans l'utilisation de telles machines, il faut se demander s’il est nécessaire d’utiliser une ICM lorsque notre organisme est fonctionnel et si l’on peut accepter une hybridation de l’homme et de la machine à des fins non médicales. Peut-on laisser les transhumanistes façonner un être humain augmenté qui aurait la capacité de lutter contre le vieillissement et les maladies et ce grâce aux ICM?
Une autre dérive pourrait être une des applications militaires. En prenant en compte les circonstances dans lesquelles nous vivons, peut-on laisser des soldats utiliser de telles technologies? Cela pourrait considérablement augmenter la violence de la guerre et entraîner une perte totale d’émotion; on pourrait supprimer la peur ou la douleur et créer des surhommes.
Les ICM constituent donc un progrès scientifique et technologique important mais sont confrontées à divers questionnements et limites qui peuvent restreindre leur utilisation.